Moi, geek.

Je suis au courant depuis plusieurs années que je suis un geek. C’est probablement en regardant Star Wars pour la première fois que je l’ai réalisé. J’ai du écouté la trilogie originale 1 million de fois!À une certaine époque, je connaissais presque toutes les répliques du film par cœur! J’étais un enfant un peu rêveur, souvent dans la lune. J’aimais beaucoup me raconter des histoires. Je me plaisais à créer des mondes imaginaires. Star Wars était fait pour un enfant comme moi. Mes parents n’étaient pas de grands fans de science-fiction ou de fantaisie. C’est George Lucas qui a été mon premier maitre de la fiction.

 

Au même moment que je découvrais ce monde imaginaire, je me rendais compte que l’univers dans lequel je vivais n’était pas très gentil pour les gens comme moi. Tout à coup, ceux que j’appelais mes amis m’ont rejeté, parce que je tripais sur Star Wars. Ajoutez à ça mon amour grandissant pour les jeux vidéo et vous avez une belle recette pour ce qu’on appelait dans le temps un rejet! Aujourd’hui, les geeks ont pris le contrôle de la culture populaire, mais dans les années 80 et début 90, c’était le contraire. Plus je développais ma passion, plus je m’isolais des autres. Par chance, j’avais 2 voisins qui comme moi étaient geeks. L’été on passait notre temps à jouer au Nintendo ou à créer des univers fantastiques avec nos Legos. On s’inventait des aventures épiques inspirées par notre héros préféré, Link! Malgré tous, c’était un des meilleurs moments de ma vie.

 

Au secondaire, j’ai plongé intensément dans les livres de Star Wars. J’ai du en lire près de 30, pour la plupart au début de mon secondaire. J’ai aussi découvert Tolkien, avec Bilbo le hobbit, le Seigneur des anneaux et mon préféré, Le Silmarillion. Malheureusement, j’ai vite réalisé qu’être geek à 13-14 ans, ce n’était plus populaire qu’à 10 ans. Je me suis mis à être rejeté pas mes camarades de classe. Les gens qui me voyaient lire mes romans de fantaisie ou de science-fiction riaient de moi. Je ne pouvais pas parler de mes passions à personne. J’ai tout de même réussi à rencontrer 2 autres garçons qui comme moi aimaient les jeux, mais mon cercle d’amis était assez restreint. J’en voulais plus, j’ai donc décidé de devenir 2 personnes distinctes. Le geek allait uniquement se manifester quand il était avec des amis proches. Pour tous les autres, j’allais être ce qu’ils voulaient que je sois. Mon cercle d’amis a grandi, mais je m’éloignais de plus en plus de moi même.

 

Au cégep et à l’université, j’ai continué le même stratagème. Ça fonctionnait bien, je pensais que j’étais heureux. J’avais des amis et j’étais apprécié par mes collègues. Dans ma vie personnelle, je continuais à vivre ma passion. Vers la fin de mes études, je me suis mis à devenir plus à l’aise avec mon côté geek. Lentement, mes intérêts devenaient de plus en plus populaires autour de moi. Sauf que j’ai arrêté assez rapidement de m’ouvrir! Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu un moment où je me suis mis à avoir honte de moi même. Je m’en voulais d’être geek. Voyons, j’étais un adulte, je devais me comporter de la sorte! C’est uniquement dans les 2 ou 3 dernières années que j’ai vraiment commencé à accepter qui je suis. J’ai compris qu’on a le droit d’être qui on est partout, peut importe l’opinion des autres. Je commence à me trouver, c’est difficile, mais tellement agréable. Pour la première fois, je guide ma vie avec mes passions. Je ne laisse pas les autres décider pour moi.

 

Oui, je suis geek. J’adore les jeux vidéo, j’aime la science-fiction et la fantaisie. Je joue à Donjons et Dragons et je lis des bandes dessinées. Je regarde Doctor Who, tous les films et émissions de Marvel ou de DC. Je porte que des t-shirts de jeux, bandes dessinées et autres trucs du genre.

 

En en 2 mots : moi, geek!